Du programme du C.N.R. au Projet de société du 21e siècle

L’action :
En 44 les membres du C.N.R. déclaraient constater en outre, que : « la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître : qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre. »Les résistances d’aujourd’hui montrent aussi qu’il ne suffit plus de défendre les « acquis » du C.N.R., il s’agit de défendre – y compris physiquement – les victimes de l’oppression (sans papiers, sans logement, sans travail...) et de passer à l’offensive en proposant une perspective politique.C’est le sens du paragraphe de l’appel de 2004 :« Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle »Cela veut dire qu’il ne suffit pas d’attendre une échéance électorale – et encore moins « un(e) sauveur(e) suprême » –pour se mettre en mouvement : c’est le sens des rassemblements à Glières. L’attente est d’autant plus grande que le désenchantement par rapport à l’action politique partisane gagne la majorité de la population.Il est clair que nous devons appeler à refonder la citoyenneté républicaine et à lutter contre l’idéologie dominante qui détruit la citoyenneté en formatant une masse de consommateurs, qui développe l’individualisme et la lutte de tous contre tous. Il s’agit de lancer un véritable « mouvement d’éducation populaire ». Il s’agit tout simplement de faire en sorte que les citoyens fassent... de la politique ! Car ceux qui se cantonnent à « l’apolitisme » redeviennent des... sujets.Il y a lieu de reprendre ici l’appel de « l’Association pour une Constituante » :« Trouvez-vous que les élus sont aujourd’hui réellement représentatifs des citoyens ?Trouvez-vous admissible qu’une seule personne, le Président de la République, exerce en fait tous les pouvoirs sans être concrètement responsable de ses actes devant le peuple ?Trouvez-vous que les institutions permettent le respect de la souveraineté populaire ? »De même la tendance généralisée à faire contrôler– voire même à faire gérer – les affaires publiques par des comités « d’experts » non élus doit être remise en cause : Agence Régionale de Santé, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, différentes « Haute Autorité », etc. Sans oublier le Conseil Constitutionnel ni la Commission Européenne...L’appel de 2004 parlait d’une « véritable insurrection pacifique » ; nous pourrions ajouter « l’insurrection de la conscience républicaine » et reprendre les termes de « désobéissance civile » et même de « désobéissance éthique ».

L’organisation
C’est la partie du programme du C.N.R. qui semble avoir le moins d’application concrète aujourd’hui. Essentiellement à cause des actions militaires engagées en réponse à l’occupation et à la lutte contre l’oppression des nazis et collaborateurs.Mais le concept organisationnel de base est toujours pertinent :« le C.N.R. décide d’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à y enrôler les patriotes non organisés. »Même si les termes « enrôler » et « patriotes » semblent décalés aujourd’hui ! En tout cas, cela répond à l’interrogation de CRHA sur « adhésions ou non » et sur « des correspondants ailleurs qu’en Haute Savoie... ». Et donne une image de ce que devrait être le « Réseau Citoyens Résistants » que nous voulons initier.Restera à articuler ce réseau avec les nombreuses autres initiatives du même ordre déjà lancées : l’unité de la résistance que Jean Moulin réalisa reste la référence toujours opérante...Et en précisant aussi que cette structuration « à la base » serait non seulement le lieu de coordination des luttes de résistance actuelles, mais aussi la « préfiguration » de la future République... refondée.La première mission de ces comités « citoyens résistants » sera d’ouvrir « les cahiers de doléances » et d’appeler au maximum de contributions sur la base du projet de programme qui sera ainsi soumis au débat le plus large.En 1789 il s’agissait de recueillir « les réclamations présentées au roi et consignées dans les cahiers des États ».Mais, aujourd’hui, comme le suggèrent Sophie Wahnich et Francis Capron, il s’agira de dépasser la plainte pour aller vers des « cahiers de doléances et de propositions pour refaire une Cité ». C’était d’ailleurs dans cet esprit que le C.N.R. avait lancé ce genre de travail tout de suite après la Libération, pour conforter et compléter le programme édité sous l’occupation.C’est-à-dire faire en sorte que le peuple élabore effectivement son propre devenir, alors que le programme du C.N.R. avait été rédigé – et pour cause ! –dans la clandestinité.Ce qui est à l’ordre du jour pour cette deuxième décade du 21e siècle, c’est bien la rédaction du projet de société par les citoyens eux-mêmes...Dans cet esprit nous pourrions intégrer les notions vues plus haut en appelant ce travail les Cahiers de doléances et de reconstruction, de refondation ou de renaissance de la « République indivisible, laïque, démocratique et sociale » (article 1 de la constitution de 1958).Sophie Wahnich propose un slogan tout à fait pertinent : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »

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