Publié : 25 mai 2010

Le texte introductif de Didier Magnin

Texte introductif du 16 mai par Didier MAGNIN.

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous sur le plateau des Glières. Pour ce nouveau rassemblement organisé par l’association « citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui », bienvenue à vous qui venez de plus en plus loin. D’un événement local les années précédentes, nous passons, cette année, à un événement d’ampleur nationale dans l’espoir que nous allons vivre ensemble ici…un jour heureux, où la chaleur humaine va triompher du froid !
Les Jours heureux, parlons-en…c’était le titre du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) publié le 15 mars 1944, signé dans la clandestinité par tous les représentants des mouvements, des syndicats et partis politiques qui résistaient à l’occupant nazi et refusaient la collaboration. C’est de ce programme du CNR, seul vrai monument vivant de la Résistance qu’est né le modèle social français, qui a abouti à la création de la sécurité sociale, des services publics, à la nationalisation des grands moyens de production, à une presse libre et indépendante des pouvoirs de l’argent, à la généralisation des retraites par répartition … sujet fort d’actualité s’il en est.
Mais que restera-t-il de ces « Jours heureux » si nous ne résistons pas à la démolition des piliers de l’état social : protection sociale, services publics, droit du travail, si nous ne résistons pas à l’anéantissement des valeurs contenues dans le programme du CNR : la solidarité, l’entraide et la réussite de tous.

Avec l’arrivée du néo-libéralisme, cette entreprise de démolition a débuté dans les années 80, et les gouvernements qui se sont succédés ont attaqué les piliers de l’état social au marteau et au burin. Force est de constater que depuis 3 ans, les chefs de chantiers ont troqué le marteau et le burin contre l’explosif et le bulldozer en maquillant leurs actes par de soi-disant réformes.
Il faudrait donc en finir avec 1945 et défaire méthodiquement tout ce qui a été construit de 1944 à 1952.
Les conséquences de ces renoncements et de ces démantèlements sont désastreuses : libertés publiques et droits de l’homme menacés, chômage, précarité, paupérisation d’une partie de la population, de plus en plus de sans travail, sans logement, sans droits, sans papiers…alors que les nantis et les privilégiés s’enrichissent outrageusement et se protègent derrière le bouclier fiscal ; l’intérêt général disparaît derrière l’intérêt privé, les services disparaissent derrière les profits.

Alors, devant tant d’injustices, tant d’inégalités, RESISTER devient une impérieuse nécessité.
« Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui » appelle à une utopie réaliste pour le 21e siècle.
En effet, Résister ne suffira pas pour construire un avenir meilleur.
Il s’agit aujourd’hui d’appeler à un projet de société, d’appeler les mouvements, les associations, les institutions, les syndicats, les partis politiques, comme l’ont fait les 13 résistants en mars 2004, à constituer un programme politique, économique et social du 21e siècle, reprenant les principes du CNR en les adaptant à notre époque, en prenant en compte les problématiques écologiques et environnementales.
Il s’agit de proposer des pistes de réflexion, d’union et d’action.
Réinventons un modèle social, réactualisons-le, renforçons-le !
Les rassemblements comme aujourd’hui, les conférences, comme le 12 mars dernier à Annecy sur l’instrumentalisation de l’histoire avec Sophie WAHNICH et
Suzette BLOCH, la publication de notre livre « Les jours heureux », sont conçus par notre association dans cette perspective.

N’hésitez pas à transposer nos initiatives dans vos départements respectifs pour généraliser les réflexions autour des résistances passée et actuelles.

Si comme le dit Stéphane HESSEL « résister, c’est savoir garder notre capacité d’indignation et privilégier la légitimité à la légalité… »
Alors RESISTONS, la résistance n’appartient pas au passé,
RESISTONS pour le retour à la solidarité, à la fraternité, à la justice, au vivre ensemble !
Et n’oublions pas que des résistants sont morts ici même fin mars 44 pour libérer le pays de l’occupant nazi, mais aussi pour défendre ces valeurs républicaines et créer une société meilleure…ne l’oublions pas.
Résistons et construisons le ensemble…cet avenir meilleur.

Didier MAGNIN

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