Publié : 18 mai 2007

Plateau des Glières : Parole de Résistant

Le 13 mai dernier s’est tenu sur le plateau des Glières un rassemblement citoyen, là même où Nicolas Sarkozy avait fait sa dernière apparition publique lors de la campagne électorale. Un millier de personnes se sont rassemblées pour dénoncer ce qu’elles ont appelé la « récupération médiatique » de ce haut-lieu de la Résistance française. Inteviewé à cette occasion,Walter Bassan, l’un des initiateurs de cette manifestation, ancien résistant et rescapé de Dachau, dénonce « l’usurpation » d’un symbole par le candidat qui « tourne le dos au programme de la résistance ». Vidéo et transcription.

Walter Bassan, résistant déporté à Dachau

« [Il s’agit du] comportement d’un candidat - le président de la République n’a rien à voir dans l’affaire - c’est un candidat qui usurpe certaines choses, certaines idées, certains comportements pour “piquer” des voix, un point c’est tout.

Non seulement il usurpe des situations, mais il a un programme politique qui tourne le dos au programme de la résistance, au programme du Conseil National de la Résistance.

Rassemblement du 13 mai
En plus, la cerise sur le gâteau, c’est que le 4 mai il est là pour honorer les résistants, parait-il, et le 8 on célèbre la victoire dont les résistants sont en partie participants, et lui, au lieu de venir se recueillir à l’Arc de Triomphe, il est sur son yacht.

Pour ceux qui connaissent bien les rescapés qui sont encore en vie, lorsque les médias ont passé les images de cette visite, il n’y avait aucun résistant à coté des Sénateurs, des Députés de la majorité.

Sa venue, je l’ai apprise le matin à 7 heures sur France Inter. »

Le Programme du Conseil National de la Résistance

Le CNR a été créé à l’initiative du Général De Gaulle, et rassemblait l’ensemble des mouvements de résistance, quelque soient leurs obédiences politiques. Son premier président fut Jean Moulin.

Longuement discuté dans la clandestinité, puis adopté à l’unanimité le 15 mars 1944, le programme défini par le CNR a jeté les bases du « Modèle Social français ». Parmi les principales mesures, il prescrivait :

la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères

l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie

le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques

un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État

Dans les faits, son application a donné lieu aux mesures suivantes :

En 1944 (dés la libération) :
Vote des femmes,

En 1945 :
Création des Comités d’entreprise,
Création de la Sécurité Sociale
Nationalisation des crédits,
Accords de Bretton Woods (donnant FMI, Banque mondiale, Gatt puis OMC)

En 1946 :
Semaine de 40 heures,
Nationalisation du gaz et de l’électricité,
Augmentation de +18% des salaires.

En 1947 :
Création du SMIG,
Prélèvement exceptionnel des hauts revenus.

Article repris su site Contreinfo